Définition de la Transition

"C'est un processus de changement vers une société sobre, locale, écologique et solidaire, en un mot résiliente."
DECLARATION COMMUNE
Face à une crise systémique (écologique, économique, sociale,...) chaque jour plus profonde, un mouvement est en marche qui, partout, réinvente nos façons de produire, d’échanger, d’habiter, de nous nourrir, de nous déplacer, d’éduquer nos enfants...
Des centaines de milliers de personnes construisent des alternatives au modèle actuel qui déstructure le tissu social, financiarise tous les aspects de nos vies, pille les ressources naturelles et encourage un consumérisme et une croissance matérielle forcenés. Des organismes financiers d’un genre nouveau remettent l’économie au service du bien-être humain et non de l’enrichissement matériel d’une minorité. Des entreprises, des citoyen(ne)s, des élu(e)s donnent la priorité à une économie réelle, sociale, solidaire, ancrée dans les territoires et les communautés humaines ; ouverte aux solidarités internationales et à la diversité des peuples de la terre. Construisent une économie circulaire, intelligente, participant à la régénération des écosystèmes.
Des citoyen(e)s, ingénieurs, acteurs associatifs, collectivités, scénarisent une transition énergétique pour progressivement abandonner les énergies fossiles et fissiles et développer un bouquet d’énergies renouvelables. Proposent des trajectoires afin d’engager un véritable effort de sobriété et d’efficacité énergétique. Des fournisseurs d’énergie proposent une électricité 100% renouvelable, rapprochent les producteurs et les consommateurs au sein de circuits courts, permettant ainsi la réappropriation citoyenne de l'énergie.
Des paysans, des agronomes développent une agriculture capable de nous nourrir sans pétrole et sans intrants chimiques, fondée sur un haut savoir agronomique, la connaissance des processus naturels, une grande diversité de semences et de variétés, librement reproductibles. Des producteurs associés à des citoyens, des élus locaux, réimplantent une agriculture vivrière dans chaque territoire (rural, péri-urbain ou urbain), afin d’assurer sécurité, salubrité et autonomie alimentaire pour tous.
Des démarches pédagogiques nouvelles se montent, proposant à nos enfants une éducation basée sur la coopération, la complémentarité, la connaissance de soi, des autres et de la nature. Une éducation leur prodiguant les savoirs, savoir-être et connaissances dont ils auront besoin pour s’épanouir et relever les défis du XXIème siècle. Des processus d'approfondissement de la démocratie sont conduits, facilitant la participation directe des citoyens aux décisions qui les concernent, dans la cité et dans l'entreprise, instaurant une véritable coopération entre les élu-e-s et les autres citoyen(ne)s. Inventant les institutions nouvelles qui permettent à chacun-e de peser dans le sens de la transition à laquelle nous aspirons.
Nous, organisations qui œuvrons, chacune dans notre domaine, à cette transition écologique sociale et humaine, croyons qu’il est temps d’amplifier ce mouvement et de lui donner la puissance nécessaire à un profond changement de société.
Afin d’encourager cette dynamique, nous créons aujourd’hui, le Collectif pour une Transition Citoyenne. Montrant ainsi qu’il est indispensable d’unir nos forces, de coopérer et de sortir des logiques de chapelles. Nous entendons ainsi rassembler nos compétences, nos ressources, nos réseaux afin d’optimiser l’impact de nos actions individuelles et collectives. Nous relier pour nous soutenir mutuellement.
Nous invitons aujourd’hui toutes celles et tous ceux qui souhaitent participer à ce grand projet d’une transformation non violente de notre société, à nous rejoindre en s’impliquant dans une ou plusieurs de nos structures.
Plus que jamais nous croyons indispensable « d’être ce changement que nous voulons pour le monde », individuellement et collectivement.
De préférer dans nos vies une forme de sobriété heureuse à l’ébriété consumériste.
La coopération à la compétition.
L’altruisme à l’égoïsme.
N'attendons pas le changement. Prenons notre avenir en main, maintenant. Ces initiatives pionnières, ont fait leurs preuves. Si nous le voulons, elles pourront construire en quelques décennies, une société radicalement nouvelle, partout sur la planète.
La transition Pourquoi ? Nous sommes face à un choix historique.
Choisir le monde dans lequel nous vivrons dans les décennies qui viennent ou ne pas choisir et laisser les événements suivre leur cours. Ce qui, au regard de l’écrasante majorité des données scientifiques que nous
connaissons, ressemblera à peu près à cela : disparition d’une grande part des animaux sauvages, des forêts, de milliers d’espèces sur terre et dans les mers, augmentation des sécheresses, des inondations, des tornades, des typhons, territoires submergés, millions de réfugiés lancés sur les routes à la recherche d’un endroit où vivre, de moins en moins d’eau, des émeutes de la faim, des conflits pour s’approprier les ressources naturelles, une aggravation
des inégalités, des tensions sociales et géopolitiques, des violences de toutes sortes parmi lesquelles le terrorisme, une explosion de la dette, des chocs économiques à répétition, du chômage... Inutile de continuer, ni de dire où pourrait nous conduire cette litanie. Nous le savons. Ou nous devrions le savoir.
Oui, mais comment démarrer ?
Nous sommes nombreux à être traversés par le découragement, la résignation, le cynisme parfois. Nous serions trop petits, trop faibles face aux gigantesques mécanismes à l’œuvre. Mais personne n’a traversé les océans, aboli l’esclavage, trouvé des traitements à des maladies, en se répétant que rien ne changera jamais. Aujourd’hui, nous avons besoin de nous mobiliser comme jamais aucune communauté humaine avant nous. Nous avons besoin de déployer des trésors de créativité, de solidarité, d’intelligence. De sortir de nos intérêts personnels pour embrasser l’intérêt de tous. D’une certaine façon, rien n’est plus exaltant. Il y a là de quoi satisfaire nos besoins d’héroïsme bien plus intelligemment que toutes les guerres de ces derniers millénaires
Le chemin ne sera ni court ni facile.
Nous aurons besoin de remporter des luttes démocratiques, de traverser des ruptures, d’avoir des idées radicalement nouvelles, d’apprendre à travailler ensemble malgré nos différences... Nous aurons besoin de tous : élus, entrepreneurs, salariés, fonctionnaires, penseurs, artistes, mères ou pères au foyer, retraités, enfants, riches, pauvres, français et étrangers... Nous aurons besoin de projets pionniers et de lois accélérant la transition, d’investissements financiers et de changements personnels. La bonne nouvelle est que nous sommes des millions en France, des milliards dans le
monde et qu’en quelques décennies nous pourrions réorienter l’Histoire.
Aujourd’hui, nous vous appelons à rejoindre les millions de personnes qui se sont déjà mises au travail.
Nous vous appelons à vous informer, à lire, à écouter, à rencontrer, pour vous faire votre propre idée sur toutes ces questions. Nous vous appelons à faire tout ce qui est possible dans votre quotidien, pour limiter notre impact sur la planète et les êtres humains. Nous vous appelons à repenser votre métier : à faire ce qui vous passionne, ce pour
quoi vous êtes vraiment doué et de vous servir de ce talent pour construire un monde plus juste et plus durable. Nous vous appelons à vous regrouper, là où vous vivez, là où vous travaillez, pour porter des projets d’avenir, pour réunir ceux qui sont séparés, pour aider ceux qui sont les plus fragiles. Nous vous appelons à vous mobiliser pour vous opposer aux lois qui exploitent la nature ou les êtres humains, pour porter de nouvelles idées jusque dans les sphères
politiques. Nous vous appelons à soutenir ceux qui portent déjà ces idées dans le champ politique, économique ou associatif. Nous appelons les candidats partageant ces idées à se rassembler et à porter ensemble un projet pour transformer la France et l’Europe. Nous vous appelons à rêver qu’un autre monde est possible. Et à vous unir pour concrétiser ce rêve. Cet appel n’est pas le chant du cygne, c’est le chant du monde qui renaît, c’est le chant des colibris.
Extrait de wikipédia
Avant projet de stratégie nationale (soumis à consultation en mars 2014)
Une consultation citoyenne et publique a été lancée par le ministère chargé de l’écologie et du développement durable en mars 2014 (20 mars - 20 avril 2014)8) sur l'avant-projet de « Stratégie nationale de la transition écologique vers un développement durable 2014-2020 (SNTEDD) » ;
une version de la SNTEDD, enrichie des résultats de cette consultation sera ensuite soumise au Conseil national de la transition écologique (CNTE) qui donnera son avis sur ce projet. Cette SNTEDD sera ensuite soumise à approbation au « Comité interministériel au développement durable » et succédera à la Stratégie nationale de développement durable 2010-2013.
L'avant-projet (mars 2014) de la stratégie est construit selon 9 axes transversaux, subdivisés en priorités :
  • •Axe 1 : Développer des territoires durables et résilients (avec comme priorité de « Préserver la capacité des territoires à bénéficier des services écosystémiques, assurer la résilience des territoires, Développer des modèles urbains durables ; Co-construire des projets territoriaux de développement durable »)9 ;
  • •Axe 2 : S'engager dans l'économie circulaire et sobre en carbone (avec comme priorité : « Réorienter les modèles de production, d’échange et de consommation ; Rendre notre économie moins dépendante des ressources non renouvelables ; Mettre en place une nouvelle politique industrielle et agricole plus économe en ressources et s'appuyant sur l'innovation ; Mobiliser les territoires et favoriser les initiatives locales »)9 ;
  • •Axe 3 : Prévenir et réduire les inégalités environnementales, sociales et territoriales ; avec comme priorités « Réduire et prévenir la vulnérabilité énergétique ; Prévenir et s'adapter aux impacts du changement climatique sur les populations ; Prévenir et lutter contre les inégalités en santé environnement »)9 ;
  • •Axe 4 : Inventer de nouveaux modèles économiques et financiers (avec comme priorité : « Élaborer un nouveau cadre de la « norme d’investissement » pour attirer les financements vers des projets liés à la transition écologique ;Modifier les comportements des acteurs individuels en changeant les modèles d’incitation et de rémunération de leur performance économique ; Associer les acteurs à l’adaptation des modèles économiques »)9 ;
  • •Axe 5 : Accompagner la mutation écologique des activités économiques, avec comme
priorités « Anticiper les mutations économiques liées à la transition écologique et leurs effets sociaux ; Accompagner les transitions professionnelles ; Informer, inciter et conseiller tous les acteurs économiques afin de faire comprendre et partager les enjeux des mutations sociales et professionnelles ; Faire des mutations sociales et professionnelles de la transition écologique un enjeu de responsabilité sociale/sociétale des entreprises et organisations »)9 ;
  • •Axe 6 : Orienter la production de connaissances, la recherche et l'innovation vers la transition écologique (avec comme priorité : « Impliquer les parties prenantes dans l'orientation de la recherche ; Faciliter les démarches d’innovation avec tous les acteurs ; Associer les parties prenantes à une
production efficace de données et de connaissances ; Faciliter et favoriser l’accès aux données et aux résultats scientifiques »)9 ;
  • •Axe 7 : Éduquer, former et sensibiliser pour la transition écologique (avec comme
priorité : « Généraliser l’éducation au développement durable de la maternelle à l’enseignement supérieur ; Promouvoir le développement d’initiatives, expérimentations et innovations citoyennes favorisant la compréhension et la mise en pratique de la transition écologique. ; Favoriser la diffusion et le partage de l’information, notamment environnementale, et faire progresser les capacités d'expertise collective ; Aider à la modification des choix et comportements de la société »)9 ;
  • •Axe 8 : Mobiliser les acteurs à toutes les échelles (avec comme priorité : « Encourager l'exercice de sa responsabilité par chaque acteur ; Développer les alliances, les synergies et les stratégies
« gagnant gagnant », notamment par le renforcement de la participation publique »)9 ;
  • •Axe 9 : Promouvoir le développement au niveaux européens et international (avec comme
priorité : « Renforcer la gouvernance internationale de l'environnement et du développement durable ; Intensifier les négociations sur le climat; Renforcer la protection et la valorisation des écosystèmes et milieux naturels ; Promouvoir la transition écologique de l’économie ; Intégrer le développement durable dans les politiques sectorielles de l’Union européenne ; Adapter la politique d’aide au développement »)9
Transition écologique
"Contrairement à certains raccourcis du débat public ou du discours politique, la transition écologique n'est pas réductible à la "transition énergétique". Elle renvoie à une redéfinition en profondeur des modes de vie et de relations entre les êtres et la nature, des systèmes de pensée et d'action, et de la relation au temps. Elle propose une transformation globale du modèle de développement actuel."
Définition de transition écologique
La "transition écologique" est un concept créé par l'enseignant anglais en permaculture, Rob Hopkins (né en 1968). Il est constitué d'un ensemble de principes et de pratiques issus des expérimentations relatives à la l'autonomie locale dans un contexte de dépendance au pétrole, ressource finie, de réchauffement climatique avec la nécessité de réduire les émissions de CO2. Ce concept est exposé dans son ouvrage "The Transition Handbook : From Oil Dependency to Local Resilience", publié en 2008, et traduit en français en 2010 sous le titre "Manuel de transition : de la dépendance au pétrole à la résilience locale".
La transition écologique, qui est le passage du mode actuel de production et de consommation à un mode plus écologique, n'a pas de définition partagée par les différents acteurs concernés de la société. Elle n'est pas qu'une simple couche de peinture verte sur notre société actuelle, mais correspond à un changement de modèle économique et social, qui transformera en profondeur nos façons de consommer, de produire, de travailler et de vivre ensemble.
La transition écologique peut se décliner en de multiples chantiers interdépendants comme par exemple :
  • •La transition agro-alimentaire qui substitue une agriculture biologique paysanne, localisée à l'agriculture industrielle, chimique, consommatrice de pétrole et réduit les risques sanitaires.
  • •La transition énergétique et le scénario NégaWatt (efficacité énergétique, sobriété énergétique, énergies renouvelables).
  • •La transition industrielle avec la production de biens durables (à l'opposé de l'obsolescence programmée), facilement réparables et recyclables et avec un bilan carbone, des services proposant un partage et une meilleure utilisation des biens, le partage du travail, la relocalisation des activités, etc.
  • •La préservation de la biodiversité en tant que préoccupation commune à l'humanité.
  • •Un urbanisme reconsidéré : densification urbaine, économies d'énergie, espaces verts, etc. •Des transports réorientés vers l'éco-mobilité : auto partage, covoiturage, ferroutage, télétravail.